Je vous propose ce mois-ci de travailler sur les lieux que l’on retrouve dans les informations de toute généalogie.
Mais à propos pourquoi faut-il donc s’occuper des lieux ?
L’information peut paraitre secondaire et pourtant il y a au moins trois bonnes raisons d’y être attentif :
Tout d’abord, connaitre le lieu où s’est produit un événement permet de rechercher des sources d’informations. Sinon comment savoir par exemple dans quelles archives départementales rechercher ?
Ensuite, connaitre les lieux des évènements de nos ancêtres permet de réaliser une cartographie et de voir en quels lieux ont vécu les branches d’une famille au travers des siècles. L’exercice est plaisant et permet d’enrichir votre publication sur votre généalogie avec une belle carte.
Enfin, mais ce n’est à mon sens pas la moindre raison, la localisation des événements est une information extrême utile pour pourvoir faire des recherches d’ascendants ou descendants potentiels lorsque l’on recherche des informations, par exemple pour une personne, le mariage de ses parents a probablement eu lieu dans la ville natale de la mère (et dans les 5 à 10 ans qui précède sa naissance).
La collecte des lieux est donc à faire pour toute source d’information.
Comment faut-il nommer les lieux ?
Si vous avez commencé à vous lancer dans des recherches d’informations sur les membres de votre arbre généalogique, vous avez certainement déjà été confronté à la difficulté de savoir comment nommer les lieux cités dans les évènements de la vie de vos ancêtres.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le sujet n’est pas trivial…
Les noms de lieux ne sont pas invariants
Au fil des époques, des guerres et des réformes administratives le nom de nos régions, de nos départements et même de nos villes peut changer. Sans parler des rues et avenues rebaptisées.
Le généalogiste devra donc choisir : soit il note les lieux tels qu’ils apparaissent dans les documents parcourus, soit il utilise la dénomination actuelle des lieux.
Dans le premier cas, le généalogiste reste au plus près de l’information obtenue ce qui est une bonne chose car il est toujours conseillé de ne pas modifier une information. A contrario le généalogiste risque de pas pouvoir utiliser cette information pour regrouper les informations et géolocaliser les lieux (par exemple sur Internet).
Dans le second cas, le généalogiste va utiliser la dénomination actuelle et risque de perdre celle utilisée à l’époque de l’événement. Si le généalogiste publie ses travaux il va introduire une certaine distorsion historique dans les appellations (par exemple l’Anjou des Plantagenets n’était pas en Pays de Loire…).
Comme toujours il n’existe pas de solution idéale. À devoir choisir, je préfère conseiller la première approche qui correspondra mieux à l’exactitude historique. Reste que la quasi-totalité des logiciels de généalogie ne permettent pas d’identifier un lieu avec plusieurs appellations et qu’il faudra donc accepter que certains lieux apparaissent sous plusieurs appellations.
Les noms de lieux ne s’écrivent pas de la même façon pour tous
Au-delà du temps qui passe (ou des guerres ou des réformes administratives), les lieux ne sont pas toujours connus sous la même appellation. Par exemple un français parlera de Florence (en Italie) tandis qu’un italien utilisera l’appellation « Firenze ».
A nouveau un choix s’impose : faut-il utiliser les appellations des lieux dans la langue du généalogiste ou faut-il utiliser l’appellation dans la langue nationale du lieu ? Il faut aussi penser aux lecteurs des travaux du généalogiste : quelle sera la solution la plus naturelle pour eux pour la dénomination des lieux ?
Il me semble que la question principale est de prendre en compte la façon dont vos lecteurs préféreront lire votre généalogie. Si vous ne publiez pas vos travaux utilisez la façon que vous préférez noter les lieux pour faire vos recherches.
Les noms de lieux doivent être normalisés
Au-delà de la graphie à utiliser, n’oubliez pas que les lieux sont notés dans les logiciels de généalogie selon une structure qui permet de connaitre le lieu mais aussi son classement administratif.
La forme de cette structure est souvent la suivante : « lieu, commune, département, région, pays ». Les informations sont séparées par des virgules et une information manquante doit être remplacée par un espace. Votre logiciel de généalogie peut alors construire une hiérarchie des lieux en partant de la droite (dans notre exemple) : Pays / Régions / Département / Commune / Lieu-dit…
Comme les structures sont très liées aux découpages administratifs des divers pays, la norme GEDCOM ne fixe pas comment rédiger cette information.
Le plus sûr est donc de suivre les instructions données par votre logiciel de généalogie et de vous y tenir sous peine de ne pas pouvoir classer les lieux dans la hiérarchie et de ne pas pouvoir transmettre cette information par exemple à un site sur Internet.
Les noms de lieux doivent être géolocalisés
Si vous le pouvez – c’est-à-dire si votre logiciel le permet – pensez à toujours géolocaliser les lieux utilisés dans votre généalogie.
Géolocaliser un lieu consiste à ajouter les coordonnées (longitude et latitude) dans vos informations. Ces coordonnées sont utilisées pour placer un repère sur une carte et c’est ce qui vous permet d’afficher sur de belles cartes les localisations de vos ancêtres.
Ces deux informations sont aussi particulièrement utiles pour savoir si deux événements ont eu lieu dans la même zone géographique. Cette information est utilisée par certains logiciels pour effectuer des recherches par proximité entre des événements, par exemple la naissance d’un enfant et le mariage des parents.
En conclusion,
- ne négligez pas les lieux dans votre collecte d’information ;
- utilisez une méthode qui vous convient pour vos travaux et vos publications et appliquez là sur l’ensemble de vos travaux ;
- géolocaliser les lieux.
Savez-vous qu’il existe une solution pour rechercher de potentiels ancêtres et descendants en utilisant les coordonnées de géolocalisation ?
Cet article fait partie de notre série “les 12 travaux du généalogiste“.
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